vendredi, 30 octobre 2009
SCUM
Il y a du vrai, là-dedans. Manifeste virulent et extrême féministe de Valérie Solanas, j'y ai retrouvé pas mal de choses de mon vécu personnel...bien que je sois loin d'adhérer totalement.
Texte intégral ici
LA PATERNITÉ ET LA MALADIE MENTALE (peur, lâcheté, timidité, humilité, insécurité, passivité)
Maman veut le bien de ses enfants, Papa ne veut que le bien de Papa, il veut qu’on lui fiche la paix, il veut que ses lubies de « dignité » soient respectées, il veut présenter bien (le statut) et il veut contrôler et manipuler à volonté ce qui s’appellera « guider » s’il est un père « moderne ». Ce qu’il veut aussi, c’est s’approprier sa fille sexuellement. Il donne la main de sa fille en mariage, le reste est pour lui.
Papa, au contraire de Maman, ne cède jamais à ses enfants car il doit à tout prix préserver l’image de l’homme décidé, fort, énergique, qui a toujours raison.
À force de ne jamais agir à sa façon, on se sent dépassé par ce monde et on accepte passivement le statu quo. Maman aime ses enfants. Elle se met quelquefois en colère, mais la crise passe vite et n’exclut jamais ni l’amour ni l’acceptation profonde. Papa, lui, est un débile affectif et il n’aime pas ses enfants ; il les approuve - s’ils sont « sages », gentils, « respectueux », obéissants, soumis, silencieux et non sujets à des sautes d’humeur qui pourraient bouleverser le système nerveux mâle et fragile de Papa - en d’autres termes, s’ils vivent à l’état végétal. S’ils ne sont pas « sages », Père ne se fâche pas - quand il est un père moderne et « civilisé » (la brute moralisatrice et gesticulante d’autrefois est bien préférable car suffisamment ridicule pour se déconsidérer d’elle-même) - non, il se contente de désapprouver, attitude qui, contrairement à la colère, persiste, et exprime un rejet fondamental : le résultat pour l’enfant, qui se sent dévalorisé et recherchera toute sa vie l’approbation des autres, c’est la peur de penser par lui-même, puisqu’une telle faculté conduit à des opinions et des modes de vie non conventionnels qui seront désapprouvés.
Si l’enfant veut gagner l’approbation paternelle, il doit respecter Papa, et Papa qui n’est qu’un tas de pourriture n’a pas d’autre moyen d’imposer le respect que de rester à bonne distance, suivant le précepte que « la familiarité engendre le mépris », ce qui est naturellement vrai lorsqu’on est méprisable. En se montrant distant, le Père reste inconnu, mystérieux, il inspire donc la peur (le « respect »).
Comme il réprouve les « scènes », les enfants en viennent à craindre toute émotion, à avoir peur de leur propre colère et de leur haine, finalement à redouter d’affronter la réalité puisque la réalité ne peut déclencher que colère et haine. Cette peur, alliée à un sentiment d’incapacité à changer ce monde qui vous dépasse, voire à influer un tant soit peu sur son destin, aboutit au sentiment facile que tout va très bien, que la moindre banalité vous comble et qu’on se fend la pêche pour un rien.
L’effet de la paternité sur les garçons, notamment, est d’en faire des « Hommes », c’est-à-dire de développer en eux un système de défenses farouches contre leur tendances à la passivité, à l’hystérie « grande-folle », et contre leur désir d’être des femmes. Tous les garçons veulent imiter leur mère, être elle, fusionner avec elle, mais Papa interdit de telles choses. C’est lui la mère. Lui, fusionne avec elle. Alors, plus ou moins directement il dit au petit garçon de ne pas faire la « mauviette » et de se conduire en « homme ». Le petit garçon qui chie dans son froc devant son père, autrement dit le « respecte », se soumet et devient un vrai petit Papa, ce modèle de Virilité, ce rêve américain : le lourd crétin qu’est l’hétérosexuel bon teint.
L’effet de la paternité sur les femmes est d’en faire des hommes - dépendantes, passives, domestiquées, animalastiquées, gentilles, inquiètes, avides de sécurité et d’approbation, trouillardes, humbles, « respectueuses » des autorités et des hommes, fermées, sans réaction, à demi mortes, futiles, ennuyeuses, conventionnelles, insipides et profondément méprisables. La Fille à son Papa, toujours contractée et apeurée, mal à l’aise, dénuée d’esprit analytique et d’objectivité, situe Papa, et par suite tous les hommes, dans un contexte de peur nommée « respect ». Elle ne voit pas que la lointaine silhouette paternelle n’est qu’un trompe-l’œil, elle accepte la définition de l’homme comme être supérieur en tant que femme, et accepte d’être considérée inférieure en tant que mâle, ce que, merci Papa, elle est effectivement.
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dimanche, 25 octobre 2009
Un dimanche d'automne
J'aime les rituels. Le dimanche, quand je suis chez moi, c'est petit déjeuner au lit. Thé, tartines, céréales, devant Empreintes, si je suis réveillée assez tôt, puis, la Grande librairie. Ce matin, j'ai attrapé Elisabeth Badinter en cours de route en dégustant mon thé vert. J'aime traîner au lit, y faire des miettes et y laisser mes chats se vautrer en ronronnant. Prendre son temps, lire un peu, se lever un moment, lire le journal, mes mails et puis retourner gratouiller le matou, jusqu'à ce que, outragé et le regard sombre, il finisse par se lever et file sur le balcon. Je ne sais plus faire la sieste, ou alors juste un peu, parce que désormais, dormir, c'est du temps perdu, et que je n'ai plus besoin du sommeil pour oublier les mornes journées. Ce matin avait un goût de luxe supplémentaire : une heure de gagnée sur la nuit, pour cause de passage à l'heure d'hiver. Et puis, je suis partie rejoindre mon cher lac, Haendel dans les oreilles et bouquin dans mon sac. Sur une petite terrasse au bord de l'eau, je me suis installée, rejointe par un couple ami. Je me suis offert une soupe à la courge, en guise de goûter, et je suis rentrée en traînant par les bords du lac, avec mon appareil photo. Là, j'attends le marchand de sable, entourée de bougies, écoutant les conversations de mes filles, et de mon fils. Demain matin, je me lèverais avec plaisir, pour ce que je suis incapable d'appeler un travail, tant celà me plaît, et que je suis comblée par ce que je fais. Bonne nuit...
19:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 23 octobre 2009
Via con me
Hier soir, j'ai couru au concert que donnait Antonello Messina, accompagné à la guitare par son complice Francis Coletta. Jazz nostalgique et charme italien ... puis une reprise de Paolo Conte, une chanson qui semble écrite pour moi, et qui me met en joie. J'en ai encore le sourire aux lèvres ce matin .
09:34 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 20 octobre 2009
Mary and Max

J'avais laissé ce lieu à l'abandon, depuis quelques temps. D'une part, je ne voulais pas donner l'occasion au père de mes enfants de venir se répandre ici, et d'autre part, parce que je suis très occupée par mon travail. Oui, je travaille, et avec bonheur. Il n'est pas donné à tout le monde, et surtout à mon âge, d'avoir la chance de faire ce dont on a toujours rêvé. Et voilà que ça m'est arrivé, à moi. Je suis pour le moment en formation, et je peux dire que j'apprend beaucoup, parce que les personnes dont je partage un peu le quotidien sont différentes de vous et moi, et enrichissantes, par ces différences, justement. Ils sont pour la plupart autistes. Voici un petit bijou, à voir absolument, qui traite magistralement du syndrome d'Asperger. Il ne restera pas longtemps en salle. Et merci à vous, mes lustucrus, de m'avoir acceptée dans votre monde qui côtoie le mien, ça n'a pas été facile pour vous.
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