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vendredi, 15 mai 2009

Un bus, une nuit.

L’un portait une casquette noire, à la visière ornée de flammes, l’autre, le foulard assorti autour du cou. L’un était émacié, visiblement malade, ce genre de pâleur, de traits tirés, de pommettes saillantes qui font immédiatement penser à un mal sournois, souterrain, qui ronge le corps, petit à petit, et contre lequel la guerre est perdue d’avance. Un ennemi qui n’attend qu’un signe de renoncement pour crier victoire. L’autre, le poil noir, et les babines blanchies par l’âge, regardant son maître sans cesse, en attente du moindre geste, du moindre mot, comme si il veillait sur lui. L’un parlait, l’autre écoutait, remuait la queue, inquiet, un peu, en attente, comme si il profitait de tous les moments restant de leur vie commune. Ils avaient l’air de savoir, tous les deux, que le temps leur était compté. L’un ne voyait que son chien, l’autre me regardait souvent. Le bâtard labrador semblait inquiet, plein de prévenance, un de ces chiens que l’on n’ose caresser, parce que ce serait le détourner de sa tâche et qu’on aurait peur de déranger dans son amour.

Ils sont descendus du bus dans la nuit, et sous la pluie, l’un après l’autre, et lui, le chien, le gardien de son maître s’est collé à son côté, pour le raccompagner et le protéger de l’obscurité. Je me suis demandé ce qu’il adviendrait du porteur du foulard, quand le porteur de casquette aurait abandonné la vie… Un vieux couple, dont l’un part et l’autre reste… C’est que ça éprouve de l’amour, un chien, et du chagrin, aussi …

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