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jeudi, 15 janvier 2009

Christian

Il avait une crinière ondulée, longue et soyeuse. Il aimait Al di Meola, Paco di Lucia, Stan Getz, l’acid jazz. Il enregistrait tout ça sur un revox, appareil fascinant, à bobines, qui permettait des heures d’écoutes non-stop. Il était dingue de son berger allemand, Furax. Il aimait aussi l’héroïne, cette maîtresse qui ne vous laisse jamais en paix, qui exige et quémande, sans cesse, vous brûle les veines, et vous dévore l’esprit. Il essayait vaguement de quitter cette garce, ponctuellement. Il était aussi en amour avec sa seringue de verre, qu’il confiait en gage, remplie de son sang, quelques temps, pour se donner l’illusion de l’amitié, de la maîtrise sur le geste amoureux de l’aiguille pénétrant sa veine, instillant le délicieux plaisir qui annule tous les autres. Il me gâtait, m’offrait des parfums vénéneux, venait me rejoindre dans ma boutique, passait des heures avec moi, m’emmenait en promenade, m’appelait quand il se sentait mal. Il est parti, un jour, volant la femme d’un ami, avec l’héritage qu’il venait de recevoir de son père. Aux Philippines. Des années de folies, l’argent coulait à flot, la drogue aussi, et puis un fils, et puis, le foie qui lâche, qui claque … la mort. Elle est revenue, sans lui. triste et marquée par la vie … Un fantôme du passé, fulgurant et lumineux. Ce soir, je pense à lui.

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